La mauvaise nouvelle est tombée hier : dès 2014, les candidats à la construction ou à la rénovation ne pourront plus bénéficier au fédéral de la déductibilité fiscale de leur prêt hypothécaire pour leur habitation, également appelée bonus habitation. Les avantages fiscaux seront en effet régionalisés et ne relèveront plus de l’impôt des personnes physiques.

Le bonus habitation, késaquo ?

Jusqu’ici, le prêt hypothécaire était fiscalement déductible. Cette déductibilité était un incitant important pour de nombreux acheteurs. C’est un bonus annuel qui permet à beaucoup de citoyens à faibles revenus d’acquérir un logement. En d’autres termes, cette mesure fiscale était censée encourager l’accès à la propriété. Nouvelles mesures budgétaires obligent, le bonus habitation ne dépend plus du salaire de l’emprunteur, mais est systématiquement converti en réduction d’impôt de 45 %. Dès 2014, le bonus habitation ne sera plus déductible fiscalement à l’impôt des personnes physiques. S’il disparaît purement et simplement, que va-t-il se passer ?

Bonus habitation 2014 : quid ?

L’avantage fiscal pour le prêt hypothécaire disparaît dès 2014. La question est de savoir par quoi il sera remplacé. Le budget sera transféré aux entités fédérées (pour la Flandre, cela représenterait de 900 millions à 1 milliard d’euros), mais on ignore encore comment cette enveloppe sera affectée. Que feront les régions ? La Région flamande offrira-t-elle plus d’appui à la Wallonie et à Bruxelles ? Le ministre flamand des Finances, Philippe Muyters (N-VA), et la ministre flamande du Logement, Freya Van den Bossche (SP.A), n’ont encore rien laissé filtrer. Le débat de société doit encore avoir lieu.

Vers une politique de logements sociaux

L’économiste Ivan Van de Cloot prévoit déjà une baisse du prix de l’immobilier. « L’avantage fiscal pour le prêt hypothécaire gonfle les prix. Cela profite au vendeur, pas à l’acheteur, a déclaré M. Van de Cloot dans l’émission TerZake sur une chaîne flamande. On pourrait donc s’attendre à une baisse des prix, mais la Flandre va devoir accuser le choc de la transition. Elle devra se montrer créative, en proposant en guise de compensation des réductions d’impôts et la baisse des droits d’enregistrement, par exemple. Nous allons devoir mener une politique de logements sociaux. »