Né à New York, élevé au New Jersey, installé à Brooklyn : New York influence certainement l’artiste Aakash Nihalani. D’abord étudiant en sciences politiques, Nihalani n’a pas pu résister bien longtemps à l’appel de l’art. En tant qu’outsider, il a pu s’adonner à sa passion en toute liberté. Résultat : une œuvre réductionniste en 3D, avec une perspective et une dimension telles qu’elle se démarque par sa complexité.

Nihalani a parcouru le monde entier pour transformer les plaines et les parcs en terrains de jeux visuels. Malheureusement, son travail reste toujours très éphémère : il est souvent démoli après quelques jours, voire quelques heures. Nihalani vit le moment présent. Et en ce moment même, il répond à cinq de nos questions.

D’où vient cet intérêt pour les créations en 3D ?

« L’architecture où j’ai grandi m’a toujours énormément captivé. », admet Nihalani. « Elle s’apparentait toujours à des grandes et petites boites, et c’est ce que j’ai toujours voulu faire. À l’école, j’ai suivi des cours d’imprimerie. J’imprimais des centaines de cubes, afin d’expérimenter les compositions et les formes. Et ça m’a toujours suivi. »

Faire un assemblage, comment ça fonctionne ?

« Je fais souvent un petit tour, jusqu’à trouver un endroit intéressant. », raconte Nihalani. « S’il s’avère difficile de travailler directement sur place avec du ruban adhésif, je réalise d’abord une première version sur carton dans mon studio. Je retourne ensuite sur place pour compléter le puzzle. C’est ce qui est le plus agréable : dialoguer avec un environnement et avec les personnes de cet environnement. »

Êtes-vous un minimaliste ou un maximaliste ?

« Je comprends d’où vient la question », répond Nihalani, « mais je suis sans aucun doute un minimaliste. J’utilise peut-être des éléments spatiaux et dimensionnels complexes, mais je suis et reste un minimaliste. J’utilise le moins possible pour réaliser le plus possible. »

Pourquoi travaillez-vous avec du ruban adhésif ?

« Par accident. », s’esclaffe Nihalani. « Un jour, j’étais en train en poser du papier peint pour une exposition, il y avait une échelle ou un échafaudage – je ne me rappelle plus exactement – qui produisait une ombre attrayante au sol. L’ombre avait une forme intéressante, et je me suis alors mis à l’entourer de ruban adhésif. Et tout a pris sens. »

Pour finir, d’où tirez-vous votre inspiration ?

« Des fenêtres, des panneaux stop, d’un violoniste, d’un mur en béton, d’une vigne, d’une chute d’eau, des fruits… Je dois continuer ? »